Vestibule

02 • Se rencontrer

Chaque semestre, la MPAA vous ouvre l’entrée des artistes et vous propose un focus sur ce qui fait la grande et les petites histoires de la Maison.

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© Xavier Cantat

 

La MPAA est un lieu unique au service des Parisien·ne·s et Francilien·ne·s, celles et ceux dont la pratique artistique est centrale, ou le devient, le temps d’un week-end ou pour la vie, sans pour autant vouloir en faire son métier. C’est une histoire de rencontres humaines et artistiques au coeur de cinq sites à Paris ; des sites qui ne font qu’une maison, tous liés par un état d’esprit commun : passion et ouverture.
Vestibule donne, dans ce numéro, la parole à des amateurs de la MPAA, celles et ceux qui la pratiquent, la vivent ou la découvrent pour la première fois. Des rencontres toutes singulières qui disent tant sur la MPAA. Autant de portraits sensibles qui nous rappellent les possibles contenus dans ce verbe généreux : RENCONTRER. Ici deux acceptions se révèlent avec force : SE RENCONTRER SOI-MÊME et SE RENCONTRER ENSEMBLE.

Et vous quelle sera votre rencontre avec la MPAA ?

> Le saviez-vous ? 
• 5 sites au coeur de Paris
• 19 salles de répétition à partir de 2€ l’heure
• 40 ateliers de création aux tarifs les plus bas de Paris
• 150 spectacles amateurs et/ou professionnels pour se rencontrer, pour vous rencontrer

> A vous de jouer 
Si vous aussi vous voulez partager votre première fois à la MPAA, n’hésitez pas à le faire sur nos réseaux sociaux #ma_premiere_fois_MPAA

Portrait(s) sensible(s)

#1 [Se] rencontrer

> Peter et sa maman Rkia
MPAA/Saint-Blaise • 20ème

 

2017 - Peter incarne Georges V lors de l'atelier Voyages immobiles - © Nathalie Vu-Dinh
2017 - Peter incarne Georges V lors de l'atelier Voyages immobiles
© Nathalie Vu-Dinh

 

Il y a des rencontres qui sonnent comme des révélations. Pour Peter, 21 ans, et sa maman Rkia, habitant·e·s du 20ème arrondissement de longue date, la bibliothèque où la MPAA/Saint-Blaise s’est installée en 2011, représentait beaucoup : un lieu de vie, un repère essentiel, aux habitudes acquises et partagées avec les jeunes, les femmes, les ancien·ne·s du quartier. Leur attente était donc grande face à l’énigme de ces quatre nouvelles lettres, M.P.A.A, inscrites sur le fronton de feu la médiathèque.

Elle les pousse à participer au tout « premier » rendez-vous public de la MPAA/Saint-Blaise : son inauguration. Peter se rappelle avec précision de ce « 12 octobre 2011 » ; impressionné·e·s tous·te·s deux par le spectacle proposé. « Je trouvais tous les gens beaux » se souvient Rkia. 

Ayant goûté à l’ambition d’ouverture que la MPAA/Saint-Blaise veut installer près de chez eux, elles·ils s’inscrivent très vite à un atelier de création.
Rkia ose se frotter pour la première fois à la scène, aux côtés de marionnettes et avec son histoire en plein coeur : elle, enfant du Maroc, marchant de longues heures pour rejoindre l’école. À l’issue, elle est conquise et conquiert à son tour l’équipe, les participant·e·s, le public, en partageant le couscous qu’elle a préparé. Une généreuse convivialité qui devient la marque de fabrique de la toute jeune MPAA/ Saint-Blaise. Une relation donnant-donnant aux vraies lettres de noblesse à faire pâlir certain·e·s. Rkia est restée une fidèle de cette maison qui est la sienne le temps d’un atelier, d’une soirée improvisée, d’un simple bonjour. Elle aime tout autant pratiquer qu’y « rencontrer les gens, écouter leurs histoires, les jeunes surtout. Je les connais depuis tout·e·s-petit·e·s. C’est important pour moi de les voir grandir, de les voir grandir bien ». Rkia est une ambassadrice hors pair. Elle présente la MPAA avec émotion et joie comme « une maison culturelle, pleine d’amour et d’intelligence. Une maison qui te permet de relooker ta vie [rires]. Après tu te sens fort·e. Tu ne te dis plus victime. Tu es une star parce que c’est la culture et tout ce que tu deviens avec elle qui t’aident à surmonter le reste ». 

Pour Peter, les anecdotes sont nombreuses elles aussi : il suit des ateliers, voit des spectacles, joue le jeu des soirées participatives. Pour lui, la MPAA est ce lieu « où l’on peut s’amuser. C’est là où j’ai développé ma vraie personnalité, où j’ai changé mon rapport aux autres ». À l’aise aujourd’hui, il revient sur ce déclic sur scène.
Il participait à un atelier Voyages immobiles. Cette fois-ci, il devait incarner George V qui, en 1938, face aux avancées nazies en Pologne, prononça un discours historique pour rassembler les Anglais et les convaincre de l’imminence d’une guerre qu’il faudrait mener. Peter semble à nouveau être sur scène et rejouer le rôle de sa vie : « J’ai étudié sa voix, son caractère. J’étais vraiment Georges V, j’étais un autre. J’ai été chanceux. Ce discours je l’ai dit avec ma personnalité : je hais la guerre, je hais les racistes… C’est moi qui l’ai écrit ». 
Brigitte Corre, responsable de la MPAA/ Saint-Blaise, acquiesce avec enthousiasme : « Tous les Anglais t’auraient suivi Peter, tu étais tellement convaincant ».
Peter répète souvent être « flatté » d’avoir croisé la route de la MPAA. Et vice versa !

 

> Si la MPAA était, ce serait…
Une grande maison, avec un auditorium. Des pièces, des salles, et même un escalator pour monter. Et beaucoup de monde pour voir les spectacles.” Peter

> A vous de jouer 
Participez à l’un des ateliers de création de la MPAA là même où Peter s’est rencontré avec fierté ! En plus sur la page Programmation 

 

Portrait(s) sensible(s)

#2 Rencontrer un lieu 

> Compagnie Rang L Fauteuil 14
MPAA/Broussais • 14ème

Vestibule Rang L Fauteuil 14
Cie Rang L Fauteuil 14 à la MPAA/Broussais

 

Il y a des rencontres qui sonnent comme un rendez-vous. Il y a 7 ans le metteur en scène professionnel Laurent Bellambe menait, au Théâtre du Rond-Point, un an d’ateliers avec une quarantaine d’amateurs pour la création d’Anne-Laure Liégeois, La Maison d’os. Le soir de la première, les participant·e·s de cette aventure grandeur nature, nonrémunéré·e·s mais plein·e·s d’une telle expérience, ne montent pas sur scène aux côtés des acteur·trice·s professionnel·le·s, empêché·e·s dans leur souhait le plus plus fort, par une loi tout juste votée sous Sarkozy*.

Passée la déception, et guidé par l’évidence de leur rencontre humaine et artistique, ce groupe d’amateurs aux profils divers, décide de poursuivre l’aventure autour du metteur en scène qui leur a déjà tant donné (et réciproquement), Laurent Bellambe. La Compagnie de théâtre amateur Rang L Fauteuil 14 naît. 
Laurent choisit pour leur premier spectacle un texte radical La Mastication des morts de Patrick Kermann. L’enthousiasme ne tarit pas. Se pose alors la grande question : où répéter - on connaît la rareté des lieux ouverts aux répétitions à Paris, et surtout à plus de 25 participant·e·s. Coïncidence heureuse, la MPAA/Broussais ouvre.
Gilbert Edelin, co-fondateur de Rang L - comme ils·elles aiment à s’appeler, connaît cette maison au service des amateurs, l’équipe de la MPAA/Broussais cherche des compagnons d’aventure, le lien est établi. La démesure du projet de Rang L fait le reste. Ils sont rares aujourd’hui sur les scènes, les spectacles à 25 acteur·trice·s ; avec les amateurs l’aventure en grand est possible. 
La MPAA/Broussais embarque pour une telle folie joyeuse. Pour Laurent, avoir rencontré la MPAA/Broussais « c’est là le démarrage fondamental de Rang L. Avoirun lieu dans lequel on se retrouve à heure fixe chaque semaine à moins d’un problème - ce qui n’est pas arrivé très souvent ; c’est là l’essentiel. C’est notre toit théâtral. C’est notre maison. On s’y sent comme chez nous. C’est aussi un état d’esprit. On est heureux de venir répéter, l’équipe de la MPAA est heureuse de nous accueillir ». Le compagnonnage est lancé. Rang L inaugure les salles de la MPAA/Broussais. 

Après un an de répétition, on leur propose de clôturer la première saison de la MPAA/Broussais. Ils le font avec une forme déambulatoire de La Mastication des morts, s’ouvrant ainsi, et la MPAA/Broussais avec, sur le territoire qui les accueille généreusement : le 14ème arrondissement. 
Ils sont aussi à l’automne 2018 à la MPAA/Saint-Germain, pour accueillir, sur un Tchekhov réinventé à l’excès, le public venu fêter les 10 ans de la MPAA. À l’automne 2020, l’auditorium de la MPAA/Saint-Germain (317 places au coeur de Paris) où Rang L se sont déjà produit, accueillera leurs trois spectacles, leurs « petite trilogie de la littérature : la mort, l’amour avec Pommerat, et le pouvoir avec notre prochain spectacle pour lequel on se lance dans un nouveau défi : l’écriture au plateau ».
Depuis 2014, « il y a une sorte de confiance réciproque ». Rang L vient répéter, créer à la maison, s’autorise l’audace, la MPAA les suit sur leurs chemins exigeants : partager des textes contemporains de prime abord non « grand public », des formes non bordées, en déambulatoire ou sous forme de cabaret. La MPAA est donc le lieu où les possibles de cette compagnie aux formats hors normes ont pu se développer à souhait, soutenue et encouragée. Liées par « une relation non univoque, historique même », la Cie Rang L Fauteuil 14 et la MPAA/Broussais se sont croisées aux premières heures de leurs histoires personnelles pour écrire une pan d’histoire commune : humaine, audacieuse, ouverte sur le monde.

*La loi LCAP encadre le nombre de représentations autorisées pour des amateurs dans un spectacle professionnel

 

> Si la MPAA était, ce serait…
Un voyage en cargo sur les mers chaudes du monde.” Gilbert Edelin

> A vous de jouer 
Répétez avec votre troupe amateur dans l’une des 19 salles de la MPAA, là même où Rang L Fauteuil 14 vit une grande aventure artistique chaque jeudi ! En plus sur la page Venir répéter